AUTOMNE
par Louise Tatotte, France


Devant ma feuille vierge, avec mon vieux stylo
J'attends.
Le thème est là, il me manque les mots,
Les idées de génie, le rythme, le tempo.
Comment peindre l'automne avec des chants nouveaux ?
Parler de sa beauté, décrire sa tiédeur,
Et la mort qui prend place en changeant les couleurs…
C'est banal: métaphore où l'amour prend repos
Dans les yeux d'une femme; un sanglot, un sursis
Pour l'été qui s'endort dans les feuilles ternies;
Déjà fait.
Il faut trouver en moi un refrain,
Une image nouvelle en transcendant l'Humain:
Je dois créer un rêve, une histoire, un chemin,
Où l'automne vermeil revivra de ma main.
L'automne s'est posé dans ses couleurs mouillées
Qui embrument le jour, raccourcissent la nuit.
Il fait froid, tout d'un coup, l'été s'est enrhumé,
Et le ballet commence; une feuille ternie.
Je vois l'automne en bleu, en vert et en douceur,
Qui s'ouvre, lancinant, et danse avec splendeur;
Je sens l'automne en rouge, en violet et en fleur,
Mais l'été n'est plus là; j'entends le ciel qui pleure.
Ciel blanc puis noir, le temps s'égare,
Le vent m'emporte et me soutient;
J'ai froid, je crois…
Je me souviens
De l'automne qui passe au fond de ma mémoire.
Peut-être était-il gris, jaune sang ou cyan…
Je ne sais plus.
Je ne l'ai vu qu'un jour,
Un petit jour d'automne au parfum de toujours,
Et mon regard éteint garde sa voix d'encens.


Louise

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